Des faits, pas des notes
Une moyenne cache précisément ce qui intéresse un enseignant : l'endroit où ça a coincé. Ce que Tableau enregistre, et ce qu'il refuse d'enregistrer.
Un élève termine un exercice avec 3 erreurs sur 8. Que faut-il en retenir ?
Presque rien. « 5/8 » ne dit ni où il a buté, ni s'il a compris entre-temps, ni combien de temps il a hésité avant de répondre juste. C'est un résumé qui a perdu ce qui comptait.
Ce que Tableau enregistre
Le produit ne stocke pas de conclusions. Il enregistre des faits, tels qu'ils se sont produits :
- la question posée, et la réponse donnée
- le numéro de la tentative — première, deuxième, troisième
- l'aide demandée, et laquelle : « voir le détail » ou « donner la réponse »
- le temps écoulé avant chaque geste
- l'étape précise de la leçon concernée
Chacun de ces éléments est daté et rattaché à une séance. Rien n'est interprété au moment de l'écriture.

Pourquoi cette séparation est structurelle
La raison n'est pas philosophique, elle est pratique.
Un enseignant, un parent, une administration et un bailleur ne tirent pas les mêmes conclusions des mêmes faits — et les questions qu'ils poseront dans six mois ne sont pas celles d'aujourd'hui.
Si l'application enregistrait déjà des conclusions, répondre à une question nouvelle exigerait de redemander aux élèves de retravailler. En enregistrant brut, il suffit d'ajouter une lecture.
C'est pourquoi les quatre vues du produit — enseignant, parent, administration, ONG — sont calculées à l'affichage, jamais stockées. Aucun chiffre n'est figé quelque part ; chacun se recalcule à partir du même journal.
L'hésitation compte autant que l'erreur
Répondre juste au bout de vingt secondes n'est pas répondre juste.
C'est l'une des mesures les plus utiles, et l'une des plus faciles à perdre : il suffit de ne garder que le résultat. Le journal conserve donc le temps écoulé depuis le geste précédent, ce qui permet de distinguer une réponse assurée d'une réponse arrachée.

Concrètement, un enseignant ne lit pas « 3 erreurs ». Il lit : la retenue des dizaines — deux essais, une aide demandée, vingt et une secondes d'hésitation avant la première tentative. Puis, sur la séance du lendemain : la même étape, première tentative, juste.
Ce que nous refusons de faire
Il n'y a pas de note, pas de classement entre élèves, pas de score global.
Ce n'est pas un oubli de conception. Une moyenne serait facile à calculer et plaisante à afficher ; elle cacherait précisément l'endroit où il faut intervenir. Et sur un même journal, chaque vue montre ce qui la concerne — la vue d'une administration ne descend pas au détail des erreurs, celle d'un bailleur n'est jamais nominative.
Ce qu'une vue ne montre pas est un choix, pas une limite technique.
